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De nouveaux gisements de gains dans les filets d'Armen 6

 

 François Capitain, chargé de mission Resah-Conseil, leader du groupe « convergence des marchés GHT »
 

Même si 2018 aura été un excellent millésime pour Phare (548 millions de gains engrangés), il n’est pas question de s’endormir sur ses lauriers. Le Ministère de la Santé table sur de nouveaux leviers, comme l’amélioration de l’organisation territoriale de la fonction achats, la professionnalisation, le coût complet, la logistique, autant de thèmes inscrits au menu de la 6e vague d’Armen. Les dix « équipages », qui comptaient tous un représentant du Resah, ont identifié plus de 220 bonnes pratiques duplicables.

548 millions d’euros de gains au compteur l’année dernière au lieu des 310 prévus : Phare a une santé de fer, alors que l’année 2018 a été une « année de transition ». Surmontant les inquiétudes, les établissements sont parvenus à travailler ensemble au sein des GHT. La preuve : les « fondamentaux » de l’achat sont désormais en place, de la conception de politiques ad hoc à la création de directions spécifiques, même si certains aspects restent à caler, comme le financement de la fonction achat mutualisée, parfois sous-dimensionné ou mal évalué. Patron du programme Phare, Raphaël Ruano sait qu’il y a encore des progrès à faire : « la fonction achat territoriale a franchi un premier palier d’organisation mais la structuration des processus reste à consolider ». Entamée, la convergence des marchés se poursuit. Dans le domaine, le groupe piloté par François Capitain (Resah) pour le compte d’Armen 6 a rappelé que des étapes restaient à franchir. Selon le point de situation effectué au printemps auprès d’un panel de 39 GHT, si 59 % avaient bouclé leur planification, 41 % n’avaient pas harmonisé leurs catégories homogènes de fournitures et services. Deux « équipages » Armen ont identifié des bonnes pratiques organisationnelles : cartographie des ressources, plan de formation dédié, cellule de programmation, définition collaborative du rôle du référent achat, revue de projets par une instance participative, création d’une contrathèque commune, poste à plein temps de contrôleur de gestion des achats disposant d’un accès aux GEF des établissements, entretien prospectif annuel pour identifier les tendances et les opportunités de chaque filière...

 

Groupe de travail sur les techniques métier de l’acheteur en amont

Jean-François Mercury, directeur de projet Resah-Conseil, lors de la présentation du groupe Make or Buy

 

 

La professionnalisation, enjeu majeur

 

Pour garder le rythme, le Ministère de la Santé compte aussi sur d’autres facteurs. D’abord la poursuite de la professionnalisation. Même si la culture achat monte en puissance, l’enquête effectuée par Armen auprès d’une cinquantaine d’entités a mis en relief le « besoin d’approfondissement » des techniques « métier » destinées à élaborer les stratégies. Près de 80 % des organisations interrogées ne connaissaient pas ou n’utilisaient pas la « panoplie » présentée par Coralie Drieu (Resah) : analyse fonctionnelle pour la définition du besoin, sourcing et méthode de Porter afin d’avoir une vision claire de l’état de l’offre, matrice BCG pour comprendre le poids et l’image de l’établissement chez ses fournisseurs. Parmi les différents leviers figurent notamment l’intensification de la coopération à l’échelle du territoire (y compris avec les structures du privé, comme l’illustre la mutualisation de la stérilisation entre un hôpital et une clinique) ou le coût complet, susceptible de générer près de 132 millions de gains selon les estimations d’Armen 6. La DGOS élabore un guide à ce sujet, qui devrait être bouclé à la fin de l’année, ainsi qu’une méthodologie spécifique « développement durable », accompagnée d’une charte. Autre « vecteur majeur » de gains : la logistique. « Chaque chef d’établissement sait qu’il y a des possibilités de synergie », assure Raphaël Ruano. Une enquête a été menée, avec un échantillon de GHT, dans le but de cerner des familles d’achat homogènes en fonction des surfaces de stockage, le type d’entrepôt, le coût, etc. Cette cartographie devrait s’achever en septembre prochain. De quoi identifier des objectifs cibles qui auront du sens sur l’ensemble du circuit de distribution, de l’entrée dans l’établissement à la dispensation aux patients, en passant par les armoires dans les services de soin.

 

 

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