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Dispensation automatisée des médicaments: bien identifier coûts et gains réels

 

Avec les contrats d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins, le repositionnement des pharmaciens sur des activités à plus forte valeur ajoutée et la recherche de sécurité maximale, la conjoncture est favorable aux chantiers de robotisation de la dispensation des médicaments. Pour autant, il demeure nécessaire de calculer le retour sur investissement de ces projets de façon réaliste.

Les projets d’automatisation et de robotisation du circuit du médicament ont le vent en poupe dans de nombreux GHT. Plusieurs facteurs l’expliquent : obligations liées aux contrats d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins (CAQES), temps de travail consacré à des missions à forte valeur ajoutée comme la pharmacie clinique, capacité des robots à réduire le taux d’erreurs, solutions financièrement acceptables proposées par les industriels… Encore faut-il évaluer correctement le retour sur investissement de tels projets. Pour y parvenir, il est nécessaire de bien définir ses objectifs (économiques et qualitatifs) et de déterminer les bons indicateurs. Les principaux gains générés se traduisent en temps : mise en stock réalisée par tapis, désactivation des identifiants uniques (sérialisation), gestion optimisée des stocks (diminution des périmés, réduction de la surface nécessaire). Bien qu’il soit plus difficile de les quantifier réellement, les gains liés à l’évitement d’erreurs médicamenteuses devraient aussi être mesurés dans les gains économiques. Cependant, le gain réel ne peut être obtenu que si le temps récupéré peut être réalloué. Cela n’est pas forcément évident surtout quand le projet aboutit à la récupération de quelques heures dans chaque unité de soins. L’objectif affiché est souvent de repositionner les préparateurs en pharmacie dans les services afin de leur permettre de réaliser les objectifs de la pharmacie clinique. Cependant dans ce cas, s’agit-il d’un gain réel (remplacement de personnel des services par des préparateurs) ou d’un gain qualitatif ? Quels que soient les bénéfices attendus, il est essentiel d’avoir une vision complète des coûts réels d’un projet qui doit s’évaluer dans une dimension de coût complet. Il est ainsi très important de prendre en compte les dépenses liées aux consommables et à la maintenance des équipements, susceptibles de représenter une part importante du budget de fonctionnement.

Les conséquences des formes galéniques retenues
 

Même si cela semble évident, la réussite d’un projet de ce type dans toutes ses dimensions (organisationnel, qualitatif ou financier) repose sur une étude approfondie. Pour réussir à minimiser les risques et optimiser le retour sur investissement, il est nécessaire d’aborder tous les angles. Dans un projet de travail sur le circuit de distribution du médicament dans une perspective de passage à la dispensation nominative, il est nécessaire de bien identifier les futures modalités : quel service sera délivré en dispensation journalière individuelle et nominative (DJIN), en re-globalisé, en global… ? Pour un projet de robotisation, ces choix seront d’autant plus importants qu’ils permettront de dimensionner au mieux la capacité des robots et donc leur utilisation.  De même, dans le cas d’une dispensation nominative, le choix entre le déconditionnement et le sur-conditionnement aura un impact économique important. Autre paramètre à intégrer : la forme galénique robotisée. La décision de retenir uniquement des formes orales sèches ou de retenir d’autres présentations (ampoules, sachets…) aura des répercussions non négligeables sur le coût d’acquisition du robot. En résumé, afin d’améliorer le retour sur investissement d’un projet de robotisation d’une PUI, il est donc nécessaire de suivre une méthode en trois étapes. D’abord préparer son projet aussi bien pour les processus (globaux et la façon d’utiliser le robot) que pour les aspects du périmètre de la forme galénique dans le cas d’un robot pur dispensation nominative. Ensuite étudier et valider au préalable la façon dont se réalisera le gain ETP ou la réallocation des effectifs. Enfin d’évaluer en coût complet pour ne pas oublier les coûts de fonctionnement inhérents aux robots.

 

 

Cette thématique a été abordée dans le dossier "Projet médical partagé : l'atout PUI" rédigé par le Resah et publié dans le numéro d'octobre 2019 de la Revue Hospitalière de France.
Pour découvrir le dossier dans son intégralité, rendez-vous sur : http://www.revue-hospitaliere.fr/Revues/590/PMP-L-ATOUT-PUI

 

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